Cyclisme

Zoom sur les favoris de Milan-San Remo 2019

Ce samedi a lieu le 1erdes 5 Monuments classiques de la saison : Milan-San Remo, la Primavera ! C’est donc l’occasion pour faire un tour d’horizon des forces en présence de cette course si particulière et imprévisible. 

Une course unique

La particularité de cette course si convoitée par le gratin mondial du cyclisme est qu’elle est tout simplement la plus longue du calendrier avec ses 291 km de course. Il s’agit également de l’unique course où l’on peut retrouver au palmarès un pur sprinteur au nom de Mark Cavendish, vainqueur de l’épreuve en 2011, ainsi qu’un vainqueur des trois grands tours au nom de Vincenzo Nibali vainqueur de l’épreuve au nez et à la barbe des sprinteurs en 2018.

Le dénouement de cette épreuve dépend véritablement de la façon dont veulent contrôler la course les équipes de sprinteurs en décidant ou non d’imprimer un rythme très soutenu, empêchant quiconque d’attaquer dans le « Poggio di San Remo », dernière montée de l’épreuve.

Trois coureurs à suivre de très près 

Parmi les favoris de la course, trois noms se dégagent. Il s’agit tout simplement des 3 coureurs ayant formé le podium de l’édition 2017 : Michal Kwiatkowski (Team Sky) lauréat cette année-là, Peter Sagan 2èmeen 2017 ainsi qu’en 2013 et Julian Alaphilippe (Deceunick Quick-Step) 3ème

Le Polonais vainqueur en 2017 a montré une forme étincelante sur Paris-Nice en ayant perdu le maillot de leader uniquement sur l’avant-dernière étape dont l’arrivée avait été jugée au sommet du col de Turini comme n’étant pas à son avantage. La meilleure chance française pour samedi, Julian Alaphilippe, n’a rien à envier au Polonais en ayant brillament remporté les Strade Bianche pour sa première participation le 29 février dernier. Il a également été victorieux de deux étapes de Tirreno-Adriatico la semaine dernière.

Avec quatre tops 5 dont deux podiums, Peter Sagan n’a toujours pas levé les bras sur la Primavera en 8 participations. Le triple champion du monde, un peu en retrait sur Tirreno-Adriatico est pourtant l’unique prétendant à pouvoir se vanter d’avoir les capacités pour gagner face aux gros poissons du sprint que sont Viviani, Gronenwegen ou Gaviria, ou en puncheur en attaquant dans le Poggio comme l’avait fait Vincenzo Nibali en 2018. Un final décousu serait l’unique option pour Kwiatkowski et Alaphilippe de lever les bras sur la mythique Via Roma samedi.

Une possible arrivée groupée

Parmi les sprinteurs, la deuxième cartouche pour Deceunick Quick-Step n’est autre que le champion d’Italie en titre Elia Viviani. L’italien 9èmeen 2017, a déjà levé les bras à trois reprises en 2019, avec notamment un troisième succès sur la 3èmeétape de Tirreno-Adriatico. Parmi les sprinteurs présents samedi, il sera l’un des plus rapides lors d’une arrivée groupée.

L’adversaire le plus dangereux pour le transalpin est probablement l’Australien Caleb Ewan. Arrivé chez Lotto-Soudal durant l’intersaison, le petit australien est déjà dans le bon tempo. Deux victoires, dont une en haut d’une bosse sur l’UAE Tour, en costaud. L’Australien, deuxième l’an dernier, s’avance comme l’un des grands favoris en cas d’arrivée massive.

Un troisième sprinteur peut également réellement prétendre à la victoire samedi. Vainqueur des deux premières étapes sur Paris-Nice, Dylan Groenewegen compte déjà quatre bouquets en 2019 et s’affirme comme l’un des trois sprinteurs les plus rapides cette saison. Ce sera sa première participation sur la classique italienne, et ses chances dépendront de sa faculté à tenir le rythme dans le Poggio si la course venait à être débridée.   

Une course débridée dans le Poggio

Comme l’an dernier, Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) n’est pas rassurant en ce début de saison avec une 15èmeplace sur Tirreno très loin des meilleurs. Mais cela ne l’avait pas empêché de l’emporter en 2018 après un show magistral en haut du Poggio, avant de creuser l’écart dans la descente et de résister au retour du peloton sur la Via Roma. Autant dire que si la course venait à être animée dans le final, il faudra surveiller de très près le Requin de Messine.

Encore incertain il y a quelques jours, l’actuel champion du monde Alejandro Valverde (Movistar) sera bien de la partie sur la Primavera. L’espagnol n’a pourtant jamais fait mieux qu’une 15èmeplace en 2016 sur le premier monument de la saison. Mais à 38 ans, le vainqueur d’une étape sur le UAE Tour en février dernier est toujours à prendre au sérieux dès qu’il s’élance sur une course d’un jour. Si la course s’anime dans le final, l’actuel porteur du maillot arc-en-ciel pourrait en être l’un des protagonistes.

Une équipe à trois têtes (Deceunick Quick-Step)

Autre que Viviani ou Alaphilippe, l’équipe reine des classiques et déjà vainqueur de 18 courses depuis le début de la saison, possèdera dans ses rangs un troisième homme capable, dans un grand jour, d’aller chercher la victoire sur la Via Roma samedi. Il s’agit du champion du monde 2012 Philippe Gilbert déjà vainqueur de trois Monuments  classiques : Liège-Bastogne-Liège en 2011, du Tour de Lombardie en 2009 et 2010 et du Tour de Flandres en 2017. Avec Paris-Roubaix, Philippe Gilbert a fait de cette classique l’un de ses principaux objectifs de fin de carrière afin d’avoir à son palmarès les 5 Monuments classiques. Pourtant, la Primavera est la classique qui réussit le moins au Belge jamais présent dans le top 10 en 8 participations.

S’il veut l’emporter samedi, il devra non seulement se débarrasser de tous ses adversaires dans le Poggio, mais également de son coéquipier Julian Alaphilippe grand favori de la rédaction !  

Valentin Bialé

Cyclisme

Rencontre avec Bernard Thévenet à la Résidence Services Seniors DOMITYS – La Fontaine du Roy à Vichy ! 

Mercredi dernier vers 14h30, les domiciliés de la résidence Services Seniors DOMITYS, sponsor des plus grandes courses cyclistes telles que Paris-Nice ou du Critérium de Dauphiné, étaient comblés par la visite d’un ancien grand champion de cyclisme : Bernard Thévenet. La visite a été organisée par l’ADM (Association pour le droit de mourir dans la dignité), de laquelle fait partie le vainqueur des Tour de France 1975 et 1977. Cette visite a ranimé la joie des personnes âgées venues en nombre l’écouter. 

Le jour choisi par Bernard Thévenet pour venir à la rencontre des domiciliés de la maison de retraite n’est pas dû au hasard, puisque quelques heures auparavant avait lieu le départ de la 4èmeétape de Paris-Nice depuis le centre commercial des Quatre Chemins de la cité thermale, Vichy. 

L’ex-coureur français s’est prêté à un jeu de « questions-réponses » avec la trentaine de séniors présents dans la salle. Ensuite, les domiciliés pouvaient suivre la fin de la 4èmeétape de Paris-Nice à la télévision mise à disposition dans la salle. 

Les questions sont assez diverses et l’ex-champion français essaye de faire constamment un parallèle entre le cyclisme « d’hier » et « d’aujourd’hui » afin de bien montrer que ce sport a énormément évolué depuis l’époque où il était encore professionnel et peut-être l’époque où des domiciliés pratiquaient ce sport.

Beaucoup de personnes sont étonnées par les sommes astronomiques que peuvent gagner certains coureurs aujourd’hui (5 Millions d’euros pour Peter Sagan, 3 Millions d’euros pour Vincenzo Nibali). Cette surprise de la part des séniors est assez logique, puisqu’à l’époque de Bernard Thévenet, même les coureurs vainqueurs des courses les plus prestigieuses ne pouvaient se contenter de leur simple salaire pour vivre. Après avoir remporté son Tour de France en 1975, Thévenet était dans l’obligation de participer à une quarantaine de critériums.

Les salaires ne sont pas les seules évolutions qu’a connues ou subies, c’est selon, le cyclisme. Bernard Thévenet évoque le cas des courses trop « cadenassées » et ennuyeuses aujourd’hui selon certaines personnes. Selon lui, tout est dû à la présence des oreillettes que possède chaque coureur afin d’être en conversation avec l’ensemble de l’équipe. « Afin que la course soit plus ouverte il faudrait 6 coureurs par équipes », selon l’ex-champion français !

Bernard Thévenet nous explique également que chaque coureur, aujourd’hui, fait attention à tous les petits détails afin d’aller chercher le moindre petit avantage par rapport à l’adversaire, une recherche de « gains marginaux » !

Les séniors présents dans la salle sont également curieux de comprendre la raison d’une absence depuis plus de trente ans d’un Français sur la plus haute marche du podium du Tour de France ! Selon lui, tout est dû à un cyclisme s’étant fortement mondialisé depuis les années 2000, avec de plus en plus de courses se courant hors de l’Europe et des coureurs venus du monde entiers faisant leur entrée dans le monde du cyclisme professionnel.

Nous avons également appris que la première équipe professionnelle date de 1901 avec la création de l’équipe Peugeot. 

Malgré un brevet d’entraîneur, Bernard Thévenet n’a jamais exercé la profession. Compte tenu d’un salaire assez réduit, l’ex-champion français a dû se reconvertir dans l’immobilier à la suite de sa carrière de cycliste professionnel et a été ensuite consultant à la radio.

Nombreuses sont les personnes à se demander quel col pourrait bien être le plus difficile à gravir en vélo, mais Bernard Thévenet a peut-être la meilleure réponse à cette question : «  le col le plus dur est certainement celui où il faut suivre l’adversaire étant plus fort que soi ! » 

Après environ une heure d’échanges avec les domiciliés de la maison de retraite émerveillés par la présence d’un ancien grand champion de la grande boucle, nous avons assisté au final de la 4èmeétape de Paris-Nice entre Vichy et Pélussin et la victoire du Danois de l’équipe Astana Magnus Cort Nielsen. 

L’ex coureur de 71 ans pense que le coureur français ayant le plus de potentiel pour succéder un jour au palmarès du dernier vainqueur français du Tour de France Bernard Hinault en 1985, est probablement le coureur âgé de 25 ans Pierre Latour, de l’équipe AG2R La Mondiale, les paris sont ouverts ! 

Valentin Bialé.