Cyclisme

Zoom sur les favoris du Giro 2019 

La 102ème édition de la « Corsa Rosa » partira ce samedi 11 mai de Bologne. C’est l’occasion de faire un tour d’horizon des coureurs susceptibles de remporter le 1erGrand Tour de l’année le 2 juin prochain.

Tout d’abord, il faut rappeler que le coureur qui sera maillot rose au soir de la 21èmeet dernière étape, maillot porté par le premier du classement général, ne sera pas le vainqueur sortant, puisque le tenant du titre Christopher Froome ne sera pas présent cette année sur la course. Avant même le départ, nous avons d’ores et déjà perdu l’un des grandissimes favoris, puisque le Colombien Egan Bernal s’est malencontreusement fracturé la clavicule à l’entraînement et doit donc déclarer forfait pour le Tour d’Italie.

Trois favoris se distinguent

Parmi les principaux favoris de ce Giro 2019, trois noms font figures d’épouvantails pour la victoire finale.

Tom Dumoulin (Sunweb), en quête d’une deuxième couronne

Le Néerlandais âgé de 28 ans semble à l’apogée de sa carrière. Déjà lauréat de l’épreuve en 2017 et deuxième en 2018, même résultat deux mois plus tard sur le Tour de France, le « Papillon de Maastricht » pourra profiter des trois contre-la-montre présents sur le parcours de cette édition de la « Corsa Rosa » pour faire la différence avec ses adversaires. 

Malgré cet avantage, Tom Dumoulin devra faire face à une troisième semaine particulièrement difficile, avec notamment une 16èmeétape s’annonçant comme l’étape « reine » de cette édition du Giro avec ses 5700 m de dénivelé. Avec l’enchaînement des cols du « Passo del Mortirolo » et du « Ponte di Legno », les grimpeurs « poids lourds » comme Dumoulin pourraient perdre du temps précieux sur cette étape de tous les dangers.

Quatrième de Tirreno-Adriatico en mars, Dumoulin s’annonce « en moins bonne forme avant le Giro » que lors des deux dernières années. En effet il n’a montré aucun signe de montée en puissance à l’approche de ce premier Grand Tour de l’année.

Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida), la force de l’expérience

Avec le Néerlandais, le « Requin de Messine » sera le seul au départ du Tour d’Italie à avoir déjà inscrit son nom, et à deux reprises pour l’Italien (2013 et 2016), au palmarès de ce Grand Tour. Malgré ses 34 ans, l’Italien est encore frais et son début de saison le montre. Huitième de Milan-San Remo, Nibali a brillé ces dernières semaines en se classant troisième du Tour des Alpes puis huitième de Liège-Bastogne-Liège. Polyvalent, l’Italien pourra reprendre du temps sur ses adversaires aussi bien dans les descentes et sur le plat que dans les montées et c’est ce qui fait la force du « Requin de Messine ».

Pourtant, le vainqueur des trois Grands Tours ne semble plus avoir son « punch » lui permettant de faire de grosses différences dans les cols, comme ce fut le cas lors de sa victoire du classement général du Tour de France 2014. Il devra absolument prendre du temps sur le Néerlandais en vue du dernier contre-la-montre, théâtre de la dernière étape de ce Giro 2019. L’âge commence à peser sur les épaules de l’Italien. 

Primoz Roglic (Jumbo-Visma), prêt pour le grand saut

Révélé en 2016 sur le Giro avec une victoire d’étape sur un contre-la-montre, le Slovène revient sur le Tour d’Italie, avec cette fois-ci l’ambition de le remporter. L’ancien sauteur à ski a d’abord fait ses preuves sur les courses d’une semaine : vainqueur du Tour d’Algarve en 2017, il s’offre deux épreuves World Tour l’année suivante, le Tour du Pays Basque et le Tour de Romandie. Son test grandeur nature sur trois semaines a été réalisé avec succès, puisqu’il a terminé quatrième du Tour de France 2018. Le coureur de 29 ans a réalisé un sans-faute cette saison en remportant les trois courses par étapes qu’il a disputées : L’UAE Tour, Tirreno-Adriatico et le Tour de Romandie. Il est fin prêt pour la passe de quatre.

Pourtant, sa forme nous permet de douter. Le Slovène est en forme depuis le mois de février et un pic de forme ne dure en général pas plus de trois mois, or en calculant, cela nous amène à une fin de ce pic de forme en cours du Giro. Primoz Roglic risque également de subir ce que beaucoup de coureurs ont déjà subi par le passé, c’est-à-dire une domination en première partie, mais un craquage en troisième et dernière semaine de course. Il est très compliqué pour un coureur d’être à son meilleur niveau de bout en bout d’une course de trois semaines.

Deux outsiders en embuscade 

Un superman nommé Lopez (Astana)

Double vainqueur d’étapes et huitième du classement général du Tour d’Espagne en 2017, le Colombien surnommé « Superman » a passé un cap en 2018. Troisième du Giro en mai et de la Vuelta en septembre, la logique pour lui serait de remporter un Grand Tour, et pourquoi pas dès cette 102èmeédition du Giro. Vainqueur du Tour de Catalogne cette année, sa dernière course s’est soldée sur un succès. Autant dire que sans avoir trop couru comme Roglic, mais en s’étant rassuré par une grande victoire en World Tour ce qui n’est pas le cas de Dumoulin et de Nibali, le Colombien arrive sur le Giro dans une dynamique favorable. À 25 ans, l’heure de Superman est peut-être arrivée.

À condition de limiter la casse sur les trois exercices solitaires du parcours. Puisque l’an dernier, le Colombien avait concédé 3min21s à Tom Dumoulin sur 44 kilomètres de contre-la-montre, alors que cette année il y en aura 60. 

La revanche de Simon Yates (MItchelton-Scott)

La 19èmeétape du Giro 2018 restera dans les annales de l’histoire du cyclisme. Une journée de rêve pour Christopher Froome, qui prit le maillot rose au terme d’un incroyable numéro en solitaire. Mais une journée cauchemardesque pour Simon Yates qui, victime d’une terrible défaillance, perdit tout espoir de sacre alors qu’il était leader au classement général avec 5min d’avance sur son compatriote. Mais le Britannique revient cette année sur le Giro après avoir déjà rebondit à sa désillusion, puisqu’il a remporté le Tour d’Espagne 2018 en septembre dernier. Il a également démontré qu’il était capable de briller sur les contre-la-montre. De quoi faire de Simon Yates un redoutable prétendant à la succession de Froome.

Mais une telle désillusion ne s’oublie pas, surtout quand il s’agit de la même course. Est-il réellement capable d’enchaîner des ascensions à plus de 2500 m d’altitude, parfois sous la neige ? Nous pouvons en douter.

Coureurs à ne pas sous-estimer : Mikel Landa (Movistar) ; Fausto Masnada (Androni Giocattoli-Sidermec) ; Tao Geoghegan Hart et Pavel Sivakov (Ineos) ; Davide Formolo et Rafal Majka (Bora-Hansgrohe) ; Bauke Mollema (Trek-Segafredo) ; Ilnur Zakarin (Katusha-Alpecin). 

Pronostic de la rédaction ! :

1) Vincenzo Nibali

2) Tom Dumoulin

3) Miguel Angel Lopez 

Valentin Bialé

Cyclisme

Zoom sur les favoris de Milan-San Remo 2019

Ce samedi a lieu le 1erdes 5 Monuments classiques de la saison : Milan-San Remo, la Primavera ! C’est donc l’occasion pour faire un tour d’horizon des forces en présence de cette course si particulière et imprévisible. 

Une course unique

La particularité de cette course si convoitée par le gratin mondial du cyclisme est qu’elle est tout simplement la plus longue du calendrier avec ses 291 km de course. Il s’agit également de l’unique course où l’on peut retrouver au palmarès un pur sprinteur au nom de Mark Cavendish, vainqueur de l’épreuve en 2011, ainsi qu’un vainqueur des trois grands tours au nom de Vincenzo Nibali vainqueur de l’épreuve au nez et à la barbe des sprinteurs en 2018.

Le dénouement de cette épreuve dépend véritablement de la façon dont veulent contrôler la course les équipes de sprinteurs en décidant ou non d’imprimer un rythme très soutenu, empêchant quiconque d’attaquer dans le « Poggio di San Remo », dernière montée de l’épreuve.

Trois coureurs à suivre de très près 

Parmi les favoris de la course, trois noms se dégagent. Il s’agit tout simplement des 3 coureurs ayant formé le podium de l’édition 2017 : Michal Kwiatkowski (Team Sky) lauréat cette année-là, Peter Sagan 2èmeen 2017 ainsi qu’en 2013 et Julian Alaphilippe (Deceunick Quick-Step) 3ème

Le Polonais vainqueur en 2017 a montré une forme étincelante sur Paris-Nice en ayant perdu le maillot de leader uniquement sur l’avant-dernière étape dont l’arrivée avait été jugée au sommet du col de Turini comme n’étant pas à son avantage. La meilleure chance française pour samedi, Julian Alaphilippe, n’a rien à envier au Polonais en ayant brillament remporté les Strade Bianche pour sa première participation le 29 février dernier. Il a également été victorieux de deux étapes de Tirreno-Adriatico la semaine dernière.

Avec quatre tops 5 dont deux podiums, Peter Sagan n’a toujours pas levé les bras sur la Primavera en 8 participations. Le triple champion du monde, un peu en retrait sur Tirreno-Adriatico est pourtant l’unique prétendant à pouvoir se vanter d’avoir les capacités pour gagner face aux gros poissons du sprint que sont Viviani, Gronenwegen ou Gaviria, ou en puncheur en attaquant dans le Poggio comme l’avait fait Vincenzo Nibali en 2018. Un final décousu serait l’unique option pour Kwiatkowski et Alaphilippe de lever les bras sur la mythique Via Roma samedi.

Une possible arrivée groupée

Parmi les sprinteurs, la deuxième cartouche pour Deceunick Quick-Step n’est autre que le champion d’Italie en titre Elia Viviani. L’italien 9èmeen 2017, a déjà levé les bras à trois reprises en 2019, avec notamment un troisième succès sur la 3èmeétape de Tirreno-Adriatico. Parmi les sprinteurs présents samedi, il sera l’un des plus rapides lors d’une arrivée groupée.

L’adversaire le plus dangereux pour le transalpin est probablement l’Australien Caleb Ewan. Arrivé chez Lotto-Soudal durant l’intersaison, le petit australien est déjà dans le bon tempo. Deux victoires, dont une en haut d’une bosse sur l’UAE Tour, en costaud. L’Australien, deuxième l’an dernier, s’avance comme l’un des grands favoris en cas d’arrivée massive.

Un troisième sprinteur peut également réellement prétendre à la victoire samedi. Vainqueur des deux premières étapes sur Paris-Nice, Dylan Groenewegen compte déjà quatre bouquets en 2019 et s’affirme comme l’un des trois sprinteurs les plus rapides cette saison. Ce sera sa première participation sur la classique italienne, et ses chances dépendront de sa faculté à tenir le rythme dans le Poggio si la course venait à être débridée.   

Une course débridée dans le Poggio

Comme l’an dernier, Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) n’est pas rassurant en ce début de saison avec une 15èmeplace sur Tirreno très loin des meilleurs. Mais cela ne l’avait pas empêché de l’emporter en 2018 après un show magistral en haut du Poggio, avant de creuser l’écart dans la descente et de résister au retour du peloton sur la Via Roma. Autant dire que si la course venait à être animée dans le final, il faudra surveiller de très près le Requin de Messine.

Encore incertain il y a quelques jours, l’actuel champion du monde Alejandro Valverde (Movistar) sera bien de la partie sur la Primavera. L’espagnol n’a pourtant jamais fait mieux qu’une 15èmeplace en 2016 sur le premier monument de la saison. Mais à 38 ans, le vainqueur d’une étape sur le UAE Tour en février dernier est toujours à prendre au sérieux dès qu’il s’élance sur une course d’un jour. Si la course s’anime dans le final, l’actuel porteur du maillot arc-en-ciel pourrait en être l’un des protagonistes.

Une équipe à trois têtes (Deceunick Quick-Step)

Autre que Viviani ou Alaphilippe, l’équipe reine des classiques et déjà vainqueur de 18 courses depuis le début de la saison, possèdera dans ses rangs un troisième homme capable, dans un grand jour, d’aller chercher la victoire sur la Via Roma samedi. Il s’agit du champion du monde 2012 Philippe Gilbert déjà vainqueur de trois Monuments  classiques : Liège-Bastogne-Liège en 2011, du Tour de Lombardie en 2009 et 2010 et du Tour de Flandres en 2017. Avec Paris-Roubaix, Philippe Gilbert a fait de cette classique l’un de ses principaux objectifs de fin de carrière afin d’avoir à son palmarès les 5 Monuments classiques. Pourtant, la Primavera est la classique qui réussit le moins au Belge jamais présent dans le top 10 en 8 participations.

S’il veut l’emporter samedi, il devra non seulement se débarrasser de tous ses adversaires dans le Poggio, mais également de son coéquipier Julian Alaphilippe grand favori de la rédaction !  

Valentin Bialé

Cyclisme

Rencontre avec Bernard Thévenet à la Résidence Services Seniors DOMITYS – La Fontaine du Roy à Vichy ! 

Mercredi dernier vers 14h30, les domiciliés de la résidence Services Seniors DOMITYS, sponsor des plus grandes courses cyclistes telles que Paris-Nice ou du Critérium de Dauphiné, étaient comblés par la visite d’un ancien grand champion de cyclisme : Bernard Thévenet. La visite a été organisée par l’ADM (Association pour le droit de mourir dans la dignité), de laquelle fait partie le vainqueur des Tour de France 1975 et 1977. Cette visite a ranimé la joie des personnes âgées venues en nombre l’écouter. 

Le jour choisi par Bernard Thévenet pour venir à la rencontre des domiciliés de la maison de retraite n’est pas dû au hasard, puisque quelques heures auparavant avait lieu le départ de la 4èmeétape de Paris-Nice depuis le centre commercial des Quatre Chemins de la cité thermale, Vichy. 

L’ex-coureur français s’est prêté à un jeu de « questions-réponses » avec la trentaine de séniors présents dans la salle. Ensuite, les domiciliés pouvaient suivre la fin de la 4èmeétape de Paris-Nice à la télévision mise à disposition dans la salle. 

Les questions sont assez diverses et l’ex-champion français essaye de faire constamment un parallèle entre le cyclisme « d’hier » et « d’aujourd’hui » afin de bien montrer que ce sport a énormément évolué depuis l’époque où il était encore professionnel et peut-être l’époque où des domiciliés pratiquaient ce sport.

Beaucoup de personnes sont étonnées par les sommes astronomiques que peuvent gagner certains coureurs aujourd’hui (5 Millions d’euros pour Peter Sagan, 3 Millions d’euros pour Vincenzo Nibali). Cette surprise de la part des séniors est assez logique, puisqu’à l’époque de Bernard Thévenet, même les coureurs vainqueurs des courses les plus prestigieuses ne pouvaient se contenter de leur simple salaire pour vivre. Après avoir remporté son Tour de France en 1975, Thévenet était dans l’obligation de participer à une quarantaine de critériums.

Les salaires ne sont pas les seules évolutions qu’a connues ou subies, c’est selon, le cyclisme. Bernard Thévenet évoque le cas des courses trop « cadenassées » et ennuyeuses aujourd’hui selon certaines personnes. Selon lui, tout est dû à la présence des oreillettes que possède chaque coureur afin d’être en conversation avec l’ensemble de l’équipe. « Afin que la course soit plus ouverte il faudrait 6 coureurs par équipes », selon l’ex-champion français !

Bernard Thévenet nous explique également que chaque coureur, aujourd’hui, fait attention à tous les petits détails afin d’aller chercher le moindre petit avantage par rapport à l’adversaire, une recherche de « gains marginaux » !

Les séniors présents dans la salle sont également curieux de comprendre la raison d’une absence depuis plus de trente ans d’un Français sur la plus haute marche du podium du Tour de France ! Selon lui, tout est dû à un cyclisme s’étant fortement mondialisé depuis les années 2000, avec de plus en plus de courses se courant hors de l’Europe et des coureurs venus du monde entiers faisant leur entrée dans le monde du cyclisme professionnel.

Nous avons également appris que la première équipe professionnelle date de 1901 avec la création de l’équipe Peugeot. 

Malgré un brevet d’entraîneur, Bernard Thévenet n’a jamais exercé la profession. Compte tenu d’un salaire assez réduit, l’ex-champion français a dû se reconvertir dans l’immobilier à la suite de sa carrière de cycliste professionnel et a été ensuite consultant à la radio.

Nombreuses sont les personnes à se demander quel col pourrait bien être le plus difficile à gravir en vélo, mais Bernard Thévenet a peut-être la meilleure réponse à cette question : «  le col le plus dur est certainement celui où il faut suivre l’adversaire étant plus fort que soi ! » 

Après environ une heure d’échanges avec les domiciliés de la maison de retraite émerveillés par la présence d’un ancien grand champion de la grande boucle, nous avons assisté au final de la 4èmeétape de Paris-Nice entre Vichy et Pélussin et la victoire du Danois de l’équipe Astana Magnus Cort Nielsen. 

L’ex coureur de 71 ans pense que le coureur français ayant le plus de potentiel pour succéder un jour au palmarès du dernier vainqueur français du Tour de France Bernard Hinault en 1985, est probablement le coureur âgé de 25 ans Pierre Latour, de l’équipe AG2R La Mondiale, les paris sont ouverts ! 

Valentin Bialé.